Dans le cadre des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes, l’Association congolaise pour la libération et le développement de la maman handicapée (Acoldemha) dirigée par Cimone Ngoie, a organisé ce lundi deux activités majeures à la maison communale de Kintambo.
Un double rendez-vous axé d’une part sur les violences numériques envers les femmes et jeunes filles handicapées, et d’autre part sur la sensibilisation aux droits des enfants vivant avec handicap.

Devant un public composé d’enseignants, de parents, d’agents des zones de santé et de plusieurs acteurs communautaires, Cimone Ngoie a livré un témoignage fort et profondément inspirant.
Elle a rappelé que le handicap ne doit jamais être assimilé à un destin brisé ni à une condamnation sociale.
« L’handicap n’est pas une fatalité mais plutôt une différence. J’avais fait un accident de circulation ici à Kintambo, j’ai été amputée à l’âge de 12 ans. Je portais des prothèses très tôt », a-t-elle relaté, évoquant un parcours marqué par la résilience qui l’a menée à la tête de l’Association congolaise pour la libération et le développement de la maman handicapée.

Un appel à la considération des PVH
La présidente de l’ASBL a insisté auprès des familles : ne jamais abandonner les enfants vivant avec handicap, mais au contraire les accompagner, les encourager et croire en leur potentiel.
« Aujourd’hui, je suis très considérée dans ma famille, je gère une grande organisation, même avec des personnes qui n’ont pas de handicap », a-t-elle affirmé, illustrant que l’inclusion est une réalité possible lorsque les soutiens sont présents.
Le partage des témoignages et récits

Au cours des deux ateliers, les participants ont partagé des récits poignants, des témoignages personnels, et ont relevé plusieurs obstacles majeurs à l’inclusion : manque d’accès à l’éducation, stigmatisation, absence d’outils adaptés, mais aussi un déficit de sensibilisation dans les familles et les écoles. Des pistes de solutions ont été proposées, allant du renforcement de la prise en charge communautaire à la formation des encadreurs scolaires.
L’un des moments marquants fut l’intervention de Simplice Kanda, chargé technique de Handicap International, qui a révélé un chiffre alarmant.
« 92 % des enfants handicapés ne sont pas scolarisés, selon un rapport du Plan stratégique et de promotion des personnes handicapées (2016-2021) », a-t-il déclaré, évoquant l’urgence d’agir pour garantir à ces enfants les mêmes droits que les autres.

Ces activités auront permis d’élargir la réflexion, mais surtout de rappeler que la dignité et l’inclusion ne doivent jamais être négociables.
MM
