Un nouveau rapport mondial de l’UNESCO alerte sur l’augmentation significative de l’autocensure chez les journalistes à l’échelle internationale, dans un contexte de fragilisation persistante de la liberté d’expression et de l’accès à une information fiable.
Selon ce rapport, l’autocensure journalistique a augmenté de 63 % depuis 2012, soit une progression moyenne estimée à environ 5 % par an. Cette évolution reflète un environnement médiatique de plus en plus contraignant, marqué par des pressions politiques, économiques et sécuritaires sur les professionnels de l’information.
Intitulé « Journalisme : façonner un monde en paix », le rapport mondial 2022-2025 s’inscrit dans la continuité de la série Tendances mondiales en matière de liberté d’expression et de développement des médias, publiée par l’UNESCO depuis 2014. Diffusé tous les quatre ans, ce document dresse un état des lieux détaillé du pluralisme médiatique, de l’indépendance des rédactions, de la sécurité des journalistes et de l’évolution des écosystèmes médiatiques à travers le monde.
Le rapport souligne que le recul du droit de s’exprimer librement, d’accéder à l’information et de critiquer les détenteurs du pouvoir constitue un défi majeur pour les sociétés démocratiques. À cinq ans de l’échéance des Objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies, l’UNESCO met en lumière les conséquences de cette tendance sur la gouvernance, la transparence publique et l’égalité, tout en rappelant le rôle central d’un journalisme libre, professionnel et pluraliste dans la construction de sociétés pacifiques.
À travers ce document, l’UNESCO appelle à un engagement renforcé des États, des institutions et des acteurs des médias en faveur de la protection du journalisme et de la garantie d’un accès durable à une information crédible.
MM
À lire aussi sur Trends.cd: Roger Baka : « la plupart des femmes qui ont réussi en politique, en journalisme ont échoué dans le mariage… »
