Le procès très médiatisé des officiers supérieurs accusés d’avoir abandonné leurs positions face à l’avancée du M23 à Goma et Bukavu prend un nouveau tournant dramatique. L’un des principaux accusés, le Général Alengbia Nyitetessya Nzambe Dieu Gentil, est décédé ce mercredi 16 avril, alors qu’il était en détention préventive dans le cadre de cette affaire.
Aucune communication officielle n’a encore précisé les causes exactes de son décès, mais la nouvelle a rapidement suscité des réactions au sein de l’opinion publique et de la classe politique, tant ce procès symbolisait une volonté de redressement de la discipline militaire au sein des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Le Général Dieu Gentil Alengbia était l’un des hauts gradés poursuivis pour fuite devant l’ennemi, abandon de poste et manquement grave à l’honneur militaire, après les revers enregistrés par l’armée dans l’Est du pays face aux rebelles du M23. Son comportement, ainsi que celui d’autres officiers, avait suscité l’indignation au plus haut niveau de l’État.
Depuis plusieurs semaines, la Haute Cour militaire examine les responsabilités de plusieurs généraux et officiers dans la perte de certaines localités stratégiques à l’Est du pays. Goma et Bukavu, deux villes-clés, ont été menacées, provoquant la fuite massive de civils et une crise humanitaire croissante.
Ce procès est perçu comme un test majeur pour la justice militaire congolaise, dans un pays où l’impunité au sein de l’armée a souvent été dénoncée par les ONG et les partenaires internationaux.
Dans un climat tendu, où la guerre dans l’Est du pays fait rage et les responsabilités sont au cœur de tous les débats, des voix s’élèvent pour appeler à une justice exemplaire, mais équitable. La société civile insiste sur la nécessité de poursuivre les enquêtes pour établir toutes les responsabilités, sans instrumentalisation politique, ni règlements de comptes internes.
Walim M.
