À Kinshasa, les avocats de l’opposant et activiste Nathanael Onokomba Shako dénoncent ce qu’ils qualifient de détention arbitraire et illégale, plus de deux semaines après son interpellation par le Conseil National de Cyberdéfense (CNC).
Dans un communiqué de presse rendu public ce lundi 19 janvier 2026, la défense affirme que leur client n’a, à ce jour, été entendu par aucun magistrat et qu’aucun acte d’instruction régulier n’a été engagé, soit plus de 216 heures après son arrestation.

Selon ses avocats, Nathanael Onokomba Shako a été interpellé le 5 janvier 2026 par des agents du CNC, une structure qui, d’après eux, ne dispose pas de membres ayant la qualité d’officiers de police judiciaire au sens du Code de procédure pénale congolais. Ils parlent d’un « enlèvement » au regard des formes légales non respectées.
La défense soutient qu’après son interpellation, l’opposant aurait été détenu pendant sept jours et sept nuits au secret, sans accès à ses avocats ni à sa famille. Elle affirme également qu’il aurait subi des mauvais traitements assimilables à des actes de torture, en violation des lois nationales et des instruments juridiques internationaux ratifiés par la République démocratique du Congo.
Le 12 janvier 2026, soit une semaine après son interpellation et dans un contexte de pression médiatique, Nathanael Onokomba aurait été transféré à l’Auditorat militaire supérieur de Kinshasa/Gombe avant d’être immédiatement conduit à la prison militaire de Ndolo. Selon ses conseils, ce transfert se serait opéré sans qu’il ne soit présenté à un magistrat, ni informé des charges retenues contre lui.
Les avocats s’inquiètent par ailleurs de son maintien dans une prison militaire, estimant que cette situation soulève des interrogations quant à son traitement et à la légalité de sa détention, en l’absence de toute procédure judiciaire formelle.
Dans leur communiqué, ils exigent la libération immédiate et sans condition de leur client, faute de base légale justifiant sa détention. À défaut, ils demandent sa présentation « devant son juge naturel », dans le strict respect des droits garantis par la Constitution congolaise, les lois en vigueur et les conventions internationales.
Enfin, la défense sollicite l’ouverture d’une enquête indépendante sur les faits de torture et les violations de procédure qu’elle impute au Conseil National de Cyberdéfense, ainsi que la mise en cause disciplinaire et pénale des agents impliqués.
Jusqu’à présent, aucune réaction officielle des autorités judiciaires ou du Conseil National de Cyberdéfense n’a été rendue publique concernant ces accusations.
MM
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