Une semaine après la disparition de Nathanael Onokomba, leader du mouvement Jeunesse Extra-Système, son collectif d’avocats alerte sur une détention qu’il qualifie d’illégale et sans base procédurale. Dans un communiqué publié à Kinshasa, la défense met en cause l’inaction du parquet et appelle les autorités judiciaires à se conformer à la Constitution.
Selon le communiqué signé par Me Godefroy K. Mwanabwato, Nathanael Onokomba aurait été interpellé le 5 janvier 2026 par des individus armés se présentant comme membres du Conseil national de cyberdéfense. Depuis cette date, il serait détenu sans contact avec sa famille ni ses avocats, en dehors de toute procédure connue. La défense affirme qu’aucun mandat, aucune notification des charges ni présentation devant un magistrat n’ont été effectués à ce jour.
« Sept jours se sont écoulés. Sept jours d’illégalité totale. Le Parquet, sous les ordres et l’autorité duquel les OPJ exercent leurs pouvoirs, reste muré dans un silence qui s’apparente à un déni de justice », déclare Me Mwanabwato dans le document transmis à la presse. Pour les avocats, cette situation constitue une atteinte directe aux principes de l’État de droit en République démocratique du Congo.
Le collectif s’inquiète également de récentes prises de position du ministre de la Justice évoquant des formes de détention en dehors du cadre judiciaire classique. La défense estime que ces déclarations entrent en contradiction avec la Constitution, citant notamment les articles 17, 18 et 61, qui encadrent strictement les privations de liberté et garantissent les droits fondamentaux des citoyens.
Face à ce qu’ils qualifient de situation préoccupante, les avocats de Nathanael Onokomba demandent au procureur général près la Cour de cassation d’user de son autorité pour localiser leur client et le présenter devant son juge naturel ou procéder à sa libération. Ils appellent également le ministre de la Justice à veiller au respect du cadre constitutionnel et invitent les organisations de la société civile, nationales et internationales, à se mobiliser. « La liberté d’expression et l’engagement citoyen ne sont pas des crimes », conclut le communiqué.
MM
