L’annonce du décès du peintre congolais Joseph Kinkonda alias Chéri Chérin, survenu dimanche à Kinshasa, continue de susciter des réactions dans le monde artistique. Figure majeure de la peinture populaire congolaise, il laisse derrière lui une œuvre foisonnante, empreinte d’engagement social, de réalisme et d’humanité.
Pour Victoria Ndaka Massamba, Culturelle, Journaliste, écrivaine et Secrétaire générale du Collectif Art et Vie, Chéri Chérin « a fait de la peinture un outil de réflexion, de dénonciation et de transformation sociale ». Selon elle, son approche picturale, à la fois colorée et critique, a profondément marqué la société congolaise et inspiré plusieurs générations d’artistes.

« Ses toiles racontent la société avec sincérité, humour et intelligence. Elles abordent des thèmes universels tels que la justice, la politique ou la vie quotidienne, tout en restant proches du vécu des Congolais », explique-t-elle.
Artiste autodidacte, Joseph Kinkonda, alias Chéri Chérin, s’était imposé dès les années 1980 comme l’un des porte-voix de la culture populaire. Aux côtés de Chéri Samba et Chéri Benga, il formait le trio des “trois Chéri”, dont le style mêlait satire, critique sociale et sens de la narration visuelle.
Ses œuvres, exposées à travers le monde du Centre Pompidou à Paris à la Fondation Cartier ont contribué à faire connaître l’art populaire congolais comme une forme d’expression à part entière, entre mémoire collective et conscience sociale.
Dans le cadre de nos programmes annuels, le collectif organise des ateliers pédagogiques portant sur la peinture et l’histoire de l’art congolais. À ce titre, il prévoit d’intégrer l’œuvre et le parcours de cet artiste au sein de nos ateliers, afin de sensibiliser les jeunes à l’histoire et à l’esthétique de la peinture populaire congolaise.
MM
