La coalition politique Lamuka, dirigée par l’opposant Martin Fayulu, a réagi ce lundi à la signature de la Déclaration de principes entre le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23. Dans un message publié sur X, le mouvement salue l’initiative mais insiste sur la nécessité d’y intégrer des exigences clés pour garantir une paix durable.
« Lamuka prend acte avec intérêt de la signature, à Doha, de la Déclaration de principes entre les représentants du Gouvernement de la RDC et ceux de l’AFC/M23 », affirme le communiqué. La coalition en profite pour remercier les gouvernements du Qatar et des États-Unis pour leur « engagement et leur contribution active à l’avancement de ce processus ».
Mais pour Martin Fayulu et ses alliés, l’accord de Doha, bien que salutaire, ne saurait suffire en l’état. Ils exigent l’intégration de deux éléments jugés essentiels dans la suite des négociations.

D’abord, la mise en œuvre intégrale de la Résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU, notamment ses points 2 et 4, qui appellent au retrait des forces étrangères et à la protection des civils dans l’est de la RDC.
Ensuite, l’exigence de justice pour les crimes commis à l’Est, afin que les victimes obtiennent vérité, réparation et qu’un véritable processus de réconciliation nationale soit engagé.
« Il ne peut y avoir de paix durable sans justice pour les innombrables victimes de la guerre », rappelle un proche de Fayulu. « Tourner la page sans regarder les souffrances infligées serait une erreur historique. »
Lamuka propose en outre l’organisation d’un dialogue national inclusif, sous la médiation conjointe de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de l’Église du Christ au Congo (ECC), avec l’appui de l’Union africaine.
Cette proposition prend en compte les revendications portées depuis plusieurs années par cette opposition, qui accuse le pouvoir en place de gérer la crise sécuritaire de manière unilatérale.
Alors que l’accord signé à Doha suscite l’espoir d’une désescalade entre Kinshasa et les rebelles du M23, la déclaration de Lamuka rappelle que les blessures profondes du pays ne pourront cicatriser sans un véritable processus de justice et de dialogue interne.
Walim M.
