La tenue du concert de solidarité pour les enfants victimes de la guerre en République Démocratique du Congo (RDC), organisé par Gims et d’autres artistes de renom à l’Accor Arena le 7 avril 2025, est au cœur d’une bataille judiciaire. Le Préfet de Police de Paris a annoncé son intention d’interdire l’événement en raison de risques de troubles à l’ordre public, une décision contestée par l’association Convergence pour l’Émergence du Congo (C.E.C.), qui a saisi le Tribunal Administratif de Paris en référé liberté.
Prévu pour le 7 avril, ce concert caritatif réunissant Gims, Youssoupha, Angélique Kidjo, Dadju, Gazo et d’autres artistes vise à sensibiliser l’opinion publique et récolter des fonds pour les enfants victimes du conflit qui ravage l’Est de la RDC depuis plusieurs décennies.
La situation humanitaire dans cette région est critique, marquée par des violences perpétrées par divers groupes armés et une instabilité persistante.
Cependant, la date choisie pour l’événement coïncide avec la journée internationale de commémoration du génocide des Tutsis de 1994 au Rwanda, un fait qui a conduit des organisations rwandaises à réclamer son report. L’association Collectif Rwanda France (CRF) a notamment adressé une demande en ce sens à la Mairie de Paris.
La décision contestée du Préfet de Police
Face aux pressions, la Mairie de Paris Anne Hidalgo a saisi le Préfet de Police afin d’envisager un report du concert. Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux le 27 mars, la Préfecture de Police a menacé d’interdire l’événement si les organisateurs refusaient de changer la date, invoquant un risque de trouble à l’ordre public.
L’association C.E.C., dénonçant une atteinte à la liberté d’expression et culturelle, a réagi en déposant une requête en référé liberté auprès du Tribunal Administratif de Paris. Son président, Jean-Louis Tshimbalanga, estime que cette décision constitue une censure injustifiée et une forme de discrimination contre la cause congolaise.
« Si le Rwanda peut organiser en France une commémoration des atrocités qui ont eu lieu dans son pays, pourquoi empêcher un artiste congolais de sensibiliser sur les souffrances des enfants de la RDC ? » s’interroge-t-il.
Une large mobilisation en faveur du concert
Les organisateurs du concert ont reçu un soutien massif de la part du public et de nombreuses personnalités engagées pour la cause congolaise. Une pétition en ligne, lancée en réaction à la tentative d’interdiction, a déjà recueilli plus de 6 500 signatures et a été partagée plus de 5 400 fois.
Les avocats de C.E.C. plaident que l’annulation de cet événement ne repose sur aucun fondement légal suffisant, d’autant plus que le concert et la commémoration du génocide rwandais se déroulent à des endroits distincts et n’ont aucun lien direct.
Le Tribunal Administratif de Paris dispose de 48 heures pour rendre sa décision. En cas de confirmation de l’interdiction, les organisateurs pourraient porter l’affaire devant d’autres instances judiciaires afin de défendre la tenue de ce concert de solidarité.
MM
