Jean Goubald Kalala s’est retrouvé au cœur des échanges dans la sphère musicale ces derniers jours après une déclaration faite lors d’une émission récente consacrée notamment à la comparaison entre Fally Ipupa et Gims. Interrogé sur lequel des deux artistes serait le meilleur, le musicien a estimé que Gims produisait de la « grande musique », allant jusqu’à assimiler son travail à de l’opéra.
Cette prise de position a immédiatement suscité de nombreuses réactions, aussi bien chez les mélomanes que parmi les professionnels de la musique. Sur les plateformes numériques, les commentaires se sont multipliés, opposant défenseurs et contradicteurs de l’analyse de Jean Goubald.
Parmi les voix les plus critiques figure l’arrangeur Maika Munan. Intervenant récemment dans une émission aux côtés de Mbuta Likasu, il a contesté l’argument avancé par Goubald, remettant en cause l’usage du terme « opéra » pour qualifier la musique de Gims. Selon lui, le répertoire de l’artiste franco-congolais ne comporte aucune œuvre relevant de ce genre musical, tant sur le plan de la forme que de la technique vocale. Il a affirmé que qualifier Gims de chanteur d’opéra ne reposait sur aucun fondement artistique identifiable.
D’autres musiciens, à l’image de Bendoson, ont abordé le débat sous un angle plus large. Ils estiment que la controverse révèle une hiérarchisation implicite des styles musicaux, certains associant la musique occidentale à une supposée supériorité artistique. Pour eux, aucune musique ne peut être considérée comme plus « grande » qu’une autre, chaque genre répondant à ses propres codes, références et publics.
En comparant Gims à l’opéra, Jean Goubald n’a pas seulement opposé deux artistes populaires ; il a ouvert une réflexion plus profonde sur la notion de valeur dans la musique. Son propos a mis en lumière une tension persistante entre musique savante et musique populaire, mais aussi entre les esthétiques africaines et occidentales.
Si ses déclarations ont été vivement contestées, elles ont néanmoins eu un effet immédiat : placer le débat au centre de l’actualité culturelle. En ce sens, Jean Goubald a clairement donné le ton de la semaine musicale, en lançant une discussion qui dépasse les personnes citées pour toucher à la perception même de la création artistique et de ses classifications.
Walim M.
