Une note vocale attribuée au docteur Balanganayi circule depuis plusieurs heures sur les réseaux sociaux, alors que l’indignation ne retombe pas après la diffusion d’une vidéo le montrant en train de brutaliser une femme en salle d’accouchement. L’affaire, devenue virale, a suscité une vague de réactions au sein de l’opinion publique et des autorités congolaises.
Dans cet enregistrement, le médecin affirme avoir agi dans une situation d’urgence vitale, évoquant une patiente difficile à prendre en charge dès son admission. « Les infirmiers m’ont fait rapport pour dire que c’est une fille qui ne collabore pas, qui n’accepte pas les conseils et les consignes, comme c’est son premier accouchement », a-t-il expliqué.
Approche progressive
Il soutient avoir tenté une approche progressive avant d’intervenir directement. « J’ai supplié la fille, je lui ai prodigué des conseils (…) je l’ai laissée entre les mains des infirmiers et d’autres médecins », a-t-il déclaré, ajoutant qu’à son retour, la situation s’était aggravée. « Il y avait eu des déchirures (…) ils avaient fait l’épisiotomie. À l’heure où ils ont tenté de réparer, la fille n’a pas voulu ».
Le praticien affirme avoir pris la décision d’agir face au risque vital. « Même si la patiente n’est pas collaborante, on peut utiliser d’autres méthodes. Laissez-moi tenter la chance », a-t-il rapporté, indiquant avoir poursuivi l’intervention malgré les résistances de la patiente. « La dame me touchait par les mains, projetait mes pinces, fermait son canal avec les mains (…) je ne pouvais pas la laisser comme ça ».
Le mea-culpa du médecin
Reconnaissant la violence de certains gestes, il assume partiellement son attitude. « Je reconnais l’avoir traumatisée tel que vous voyez là. (…) Mais moi je ne pouvais pas céder pour sauver une vie », a-t-il dit, affirmant que l’intervention a permis de stabiliser la patiente. « J’ai suturé, j’ai arrêté cette hémorragie (…) elle est même sortie de l’hôpital ».
Le médecin évoque également les circonstances de la captation et de la diffusion de la vidéo. « La stagiaire qui avait pris la vidéo (…) est allée et ils ont truqué pour prendre cette mauvaise partie-là et envoyer ça sur les réseaux sociaux », a-t-il dénoncé, parlant d’une séquence partielle sortie de son contexte.
Dans la même note vocale, il présente des excuses publiques. « Pour la pudeur, je vous demande tous pardon (…) mais c’est dans l’exercice de mon métier pour sauver des vies », a-t-il déclaré, tout en annonçant s’être livré aux autorités. « Je vais comparaître (…) tout ce qu’on arrêtera là, je subirai. Mais une vie a été sauvée, c’est l’essentiel ».
Pendant ce temps, la réaction officielle ne s’est pas fait attendre. Denise Nyakeru Tshisekedi a condamné des faits « graves et inacceptables », rappelant que les structures de santé doivent rester des lieux de dignité et de protection pour les patients. Elle a exigé que toute la lumière soit faite sur cette affaire.
Ouverture d’une enquête par le ministère de tutelle
De son côté, le ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévention a annoncé l’ouverture de procédures disciplinaires. Les autorités sanitaires évoquent des sanctions exemplaires, allant jusqu’à la radiation du médecin de l’ordre professionnel.
Au-delà de l’émotion suscitée, cette situation met en lumière les tensions persistantes entre exigences médicales en situation d’urgence et respect des droits des patientes, dans un environnement hospitalier souvent confronté à de multiples défis.
Walim M.
