Une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux en République démocratique du Congo met en scène des élèves, visiblement des jeunes filles d’un lycée, échangeant sur leur vie sentimentale. Dans la séquence, une élève interroge ses camarades à tour de rôle sur le nombre de garçons avec lesquels elles seraient en couple. Les réponses, allant de deux à trois garçons au minimum, provoquent rires et commentaires.
La seule jeune fille ayant répondu qu’elle n’était en couple avec aucun garçon a été traitée d’« hypocrite », tandis que celle ayant déclaré être avec deux garçons a été qualifiée de « fidèle ». Une scène qui, bien que présentée sur un ton léger par les protagonistes, a rapidement enflammé la toile.
Dès sa diffusion, la vidéo a suscité des réactions contrastées parmi les internautes. Certains y voient une simple plaisanterie entre camarades de classe, typique de l’adolescence et amplifiée par la quête de visibilité sur les réseaux sociaux.
D’autres, en revanche, dénoncent une banalisation de comportements jugés déplacés dans un cadre scolaire censé promouvoir des valeurs éducatives et morales.
Sur le réseau social X, Kauma Emery a appelé à un encadrement plus strict de l’usage du numérique chez les jeunes :
« Interdire l’accès aux réseaux sociaux et l’usage des smartphones aux mineurs apparaît aujourd’hui comme une nécessité pour un meilleur encadrement de cette génération. Les dérives observées sont, bien souvent, des conséquences directes d’un usage non maîtrisé des nouvelles technologies. »
Dans le même sens, Joseph Biduaya s’est dit préoccupé par le lieu où la scène a été tournée :
« C’est extrêmement grave surtout que ça se passe dans les endroits censés incarner un esprit éducatif. »
À l’opposé, Titsia Benjamin relativise la portée de la vidéo, appelant à plus de tolérance :
« Ce sont des adolescentes qui s’amusent juste pour les réseaux sociaux ! Ce sont des jeunes demoiselles ; c’est tout à fait normal… Tika bana ba sakana (laissez les enfants jouer). »
Pour Kashibu, le débat dépasse largement la simple vidéo et renvoie à une crise plus profonde de la transmission des valeurs : « Dans nos cultures africaines, les premières règles n’étaient pas une honte mais un rite de passage. Les mères et grands-mères transmettaient savoir, retenue et responsabilités. Aujourd’hui, le tabou a remplacé l’encadrement. Une culture qui n’éduque plus abandonne ses enfants. »
Au-delà du caractère viral de la séquence, cette polémique remet sur la table des questions sensibles liées à l’éducation, à la sexualité des adolescents, au rôle de la famille, de l’école et à l’impact croissant des réseaux sociaux dans la construction des comportements des jeunes en RDC.
Walim M.
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