En cette Journée internationale des langues des signes, un appel retentit à Kinshasa : donner enfin toute sa place à cette langue dans le système éducatif congolais. Pour Pierre Muteba, préfet de l’Institut pour Sourds-muets de Kinshasa (ISMK), l’enjeu est clair : « La langue des signes doit être introduite dans les établissements scolaires et universitaires de notre pays pour garantir l’égalité des chances aux enfants sourds-muets. Son absence constitue une barrière qui les maintient en marge et les expose à la discrimination. »
L’homme n’en démord pas : l’école congolaise ne peut plus se permettre de laisser de côté des milliers d’élèves simplement parce qu’ils ne partagent pas les mêmes moyens de communication que la majorité. Selon lui, l’enseignement inclusif est un impératif, non un luxe. « La reconnaissance et l’adoption officielle de la langue des signes contribueront à renforcer la participation des enfants sourds-muets à la vie académique et sociale », insiste-t-il.
Un combat pour l’égalité
Au-delà du plaidoyer, M. Muteba appelle à des mesures concrètes : former les enseignants, produire des supports pédagogiques adaptés et mobiliser l’ensemble des partenaires éducatifs. L’objectif est simple : que chaque enfant, quelle que soit sa condition, puisse accéder à une éducation de qualité.
Une journée, un symbole mondial
Célébrée chaque 23 septembre, la Journée internationale des langues des signes, instituée par la Fédération mondiale des sourds et reconnue par l’ONU, rappelle que cette langue est bien plus qu’un moyen de communication. Elle est un droit, un outil d’égalité et un symbole de dignité. À travers le monde, elle sert à sensibiliser les États à l’importance de son intégration dans la vie publique, notamment dans l’éducation.
À Kinshasa comme ailleurs, les sourds-muets continuent de se battre pour une reconnaissance pleine et entière. Et cette journée mondiale devient, année après année, une occasion de redire haut et fort que l’inclusion n’est pas une faveur, mais un droit.
Walim M.
