L’Association congolaise pour la libération et le développement de la maman handicapée (ACOLDEMHA), a mis en avant mardi, la promotion des sociétés inclusives en faveur des personnes vivant avec handicap. Une proposition faite au cours d’une conférence organisée à l’Ecole Primaire 7, 8 et 13 à Kinshasa
en marge de la célébration de la Journée internationale des personnes handicapées (JI-PH).
Placée sous le thème : « Promouvoir les sociétés inclusives pour les personnes handicapées afin de favoriser le progrès social », cette rencontre a réuni des acteurs du secteur éducatif, des organisations partenaires ainsi que des représentants communautaires autour d’une réflexion approfondie sur les défis structurels liés à l’inclusion des personnes handicapées.

Prenant la parole, Francky Miantuala, conseiller technique de l’ACOLDEMHA, a rappelé que l’inclusion ne saurait être appréhendée comme un geste de bienveillance, mais comme une exigence découlant des engagements pris par la République démocratique du Congo tant au plan national qu’international.
« Si l’on parle de promouvoir des sociétés inclusives, ce n’est ni par complaisance ni pour satisfaire qui que ce soit, mais parce que ce sont des engagements que notre pays a contractés. La promotion des sociétés inclusives constitue un véritable levier du progrès social », a-t-il déclaré.

Il a, à cette occasion, mis en lumière la réalité préoccupante que vivent de nombreuses personnes handicapées, souvent confrontées à une marginalisation persistante, illustrée notamment par la mendicité, devenue pour beaucoup un moyen de subsistance, conséquence d’une approche encore largement caritative et insuffisamment fondée sur les droits humains.
L’éducation a été identifiée comme un axe central de l’inclusion. Pour M. Miantuala, elle représente le socle des droits fondamentaux, conditionnant l’accès à l’emploi, à l’autonomie et à une existence digne. Il a déploré le faible taux de scolarisation des enfants vivant avec handicap, ainsi que les formes multiples de stigmatisation observées dans les milieux scolaires.

Les inégalités persistantes dans l’accès aux soins de santé ont également été évoquées, en particulier celles affectant les femmes handicapées. Certaines d’entre elles, a-t-il relevé, renoncent aux consultations prénatales par crainte de discriminations ou de traitements inappropriés au sein des structures sanitaires.
Dans le cadre de ces activités commémoratives, une conférence de sensibilisation s’est également tenue à l’École primaire 7 Ngiri-Ngiri, dans le centre de Kinshasa. À cette occasion, Félix Makuka, représentant du directeur de cet établissement, a appelé à un engagement renforcé des enseignants et des responsables scolaires en faveur de l’éducation inclusive.

« Nous osons croire qu’avec l’implication de tous, le nombre d’enfants vivant avec handicap scolarisés dans notre complexe ira croissant au fil des années », a-t-il affirmé, plaidant pour la transformation des écoles EP 7, EP 8 et EP 13 en espaces pleinement inclusifs et adaptés aux besoins spécifiques des apprenants handicapés.
Il a précisé que cette conférence faisait suite à une formation préalable sur l’éducation inclusive, à laquelle avaient participé des délégués des différentes écoles du complexe, y voyant la manifestation d’une volonté affirmée de Handicap International et de ses partenaires de faire de ces établissements un pôle de référence en matière d’inclusion scolaire.

Un hommage appuyé a été rendu à l’ACOLDEMHA pour son engagement constant en faveur des droits des personnes handicapées, engagement qui, selon les participants, contribue à renforcer la compréhension collective de la nécessité de promouvoir des sociétés inclusives comme condition essentielle du progrès social.
L’Acodelmha, créée en 1995 est une non gouvernementale de droit congolais qui œuvre pour la défense et la promotion des droits des personnes handicapées, avec un accent particulier sur les femmes et les filles vivant avec handicap. Elle intervient notamment dans les domaines de l’inclusion scolaire, de l’autonomisation socioéconomique, de la formation professionnelle, de l’accès aux soins de santé et de la lutte contre les discriminations, avec une présence à Kinshasa, Tshikapa, Goma, Bukavu, Mbandaka, ainsi que dans les cités de Kimpese et de Muanda.

Instituée par les Nations Unies et célébrée chaque 3 décembre, la Journée internationale des personnes handicapées vise à promouvoir les droits et le bien-être des personnes vivant avec handicap, tout en sensibilisant l’opinion publique aux obstacles qui entravent encore leur pleine participation à la vie sociale et au développement.
MM
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