Après le tollé suscité par l’annonce de mesures concernant des universités publiques situées dans les zones sous occupation de l’AFC/M23, le Gouvernement congolais assure qu’il ne s’agit pas d’une fermeture générale de l’enseignement supérieur au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Le porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya, affirme que ces mesures visent à protéger les parcours académiques des étudiants.
Dans un communiqué publié jeudi, Kinshasa précise que onze établissements publics identifiés à Goma et Bukavu sont concernés par des mesures « conservatoires, ciblées et temporaires », prises durant les vacances académiques et à la charnière entre deux années universitaires.
Le Gouvernement explique que ces décisions font suite à l’ingérence de l’AFC/M23 dans le fonctionnement de certaines institutions universitaires, notamment avec l’éviction des comités de gestion régulièrement investis et l’installation de membres du mouvement dans des responsabilités académiques.

Kinshasa assure que les étudiants ne seront pas pénalisés dans leur parcours. « Les acquis académiques régulièrement obtenus demeurent protégés et aucun étudiant n’est appelé à recommencer son parcours à zéro », précise le communiqué.
Avant le début de l’année académique 2026-2027, les autorités prévoient l’orientation des étudiants concernés vers d’autres établissements afin d’assurer la continuité de leurs études et de préserver la valeur de leurs diplômes.
Le Gouvernement rappelle également que l’occupation d’une partie du territoire national ne confère pas au Rwanda ni à l’AFC/M23 une compétence administrative ou académique sur les institutions congolaises.
« Une université congolaise ne peut devenir un butin de guerre », affirme Patrick Muyaya, reprenant l’une des principales positions défendues dans le communiqué.
Sur la situation des enseignants, Kinshasa assure que ceux régulièrement reconnus continuent à percevoir leur rémunération, y compris lorsqu’ils sont déplacés, réfugiés ou empêchés d’exercer du fait de l’occupation.
Le Gouvernement rappelle enfin que « l’occupation n’entraîne pas, à elle seule, l’arrêt des services publics » et affirme poursuivre la prise en charge de ses agents ainsi que le soutien aux structures publiques dans les zones concernées.
Les mesures prises à l’égard des onze établissements feront l’objet d’un suivi permanent et pourront être réévaluées en fonction de l’évolution de la situation sécuritaire et du rétablissement de la légalité institutionnelle.
Walim M.
